Mise à jour
15 août 2004
The Times
Grande-Bretagne
Cristin Leach
GOTTFRIED HELNWEIN – LE LONG CHEMIN À TIPPERARY
Paysages irlandais et autres – Gottfried Helnwein à la galerie d’art municipale de Crawford à Cork
… ces peintures photo apparaissent même plus réelles qu’une photographie : elles sont hyper-réelles, des descriptions super-saturées du monde qui nous entoure, tel qu’on aimerait bien le voir. Les paysages de Helnwein nous offrent le monde tel qu’on le voit devant notre œil intérieur, nos mémoires. Ce qui est certain c’est qu’avec ces travaux, Helnwein a levé la barre pour de futurs artistes avec un art qui est révolutionnaire en termes d’échelle, d’habileté et de vision. Peintures de montagnes, champs et du ciel ne pourront plus jamais être le même …
Irish Landscape3 (Nire Valley)
oil and acrylic on canvas, 2003
Helnwein n’est pas étranger aux controverses mais durant un débat, il se concentrait d’habitude sur l’essentiel du sujet au lieu que sur sa technique, cette fois à propos de la question que chacun se posait : comment l’avait-il fait ? Comment a-t-il crée des paysages photo-réalistiques d’une telle échelle magnifique ? La réponse est qu’il utilise des photographies digitales au début, les manipulant et magnifiant à une montagne qu’il imprime alors sur la toile avant de commencer à peindre. Cette fusion parfaite entre savoir-faire traditionnel et des techniques de reproduction modernes a résultée dans une série de travaux de paysages très séducteurs et ambitieusement grands.
Au Irish Landscape I (Nire Valley) (paysage irlandais I, Vallée du Nire), le tamponnement de peinture est presque impressionniste dans certains endroits ; dans Irish Landscape II (Kiltinane) (paysage irlandais II, Kiltinane), des lignes noires dans le premier plan donnent l’effet feuillu d’une bande dessinée – mais éloignez-vous d’un pas, et tout est de loin une perfection photo-réaliste.
La clé, pour ceux qui sont déterminés de la trouver, se trouve dans le surface finale variante matte ou lustre, mais même de près il peut être dur de dire quels bouts ont été peints et où les quelques sections de photographie luirent à travers.
Ce n’est quand même pas facile de rester désillusionné, ces paysages sont indéniablement attractifs, terrifiants, même irrésistibles. Ils font leur magie à travers échelle, vision et habileté de peinture, malgré leurs origines digitales.
Le spectacle résultant est une expérience purement visuelle. Ceux qui cherchent un sens profond et un message peuvent regarder ailleurs : l’attraction superficielle de ses œuvres est leur charme. Pour un homme qui a passé presque 40 ans à faire de l’art politiquement provocateur, ce mouvement vers la pure esthétique est étrange.
Ceux qui sont familiers avec Helnwein et sa technique de la peinture photo se rappellent peut être de sa contribution au « Kilkeney Arts Festival » (festival d’art de Kilkeney) il y a trois ans où quelqu’un mit feu à un portrait de grande échelle d’une fille locale, et où de la peinture rouge était versée sur une des compositions inspirées par la propagande Nazie de Helnwein.
Helnwein n’est pas étrange aux controverses. Loin de paysages séducteurs, la matière de son sujet vire d’habitude dangereusement près de l’offensive. Il a fait une carrière d’un art qui commente la complicité avec les Nazis de son pays natal.
Le portrait endommagé de Kilkenny était parmi une série qui rappelait la commémoration Kristallnacht de Helnwein montrée en 1998 à Cologne. Appelé Selektion, le sentiment anti-nazi du spectacle incitait un spectateur de prendre un couteau et d’entailler les gorges de chacune des 3,70m hautes images d’enfants.
Avec des travaux comme celui-ci, l’appréciation de ses habiletés techniques a généralement été limitée en faveur de la discussion du sujet en question et de l’analyse de sa signification. Les paysages de Helnwein, de l’autre côté, dévient de façon provocatrice toute intention d’une analyse en profondeur. Il est possible de les lire comme sorte d’autobiographie géographique, un record des environnements qui ont entourés l’artiste pour les années passées. Commençant avec une vue des toits de Vienne, il nous prend de la baie de San Francisco au Death Valley et jusqu’en Irlande, avec des panoramas clairement inspirés par le paysage autour le château Tipperary qu’il avait acheté en 1997.
Dépourvu de population par exprès, ils contiennent un ou deux indices d’intrusions artificielles : un mât de télégraphe occasionnel, ou un souffle d’une usine cachée. Ces interprétations offrent peut être une diversion fugitive du festin visuel proposé, mais finalement ils résultent en peu plus que la tentative déterminée de trouver une couche de signification qui n’y est pas vraiment. C’est une occasion où il s’agit vraiment seulement de la surface de la toile. C’est presque comme si Helnwein avait quitté sa voie de faire quelque impact politique ou autre.
Si des appréciations précédentes de ses travaux ont été plus conscient du message que du moyen, avec les paysages il le met clair : dans ce cas, le moyen est en effet le message. Pour Helnwein, la photographie est seulement un autre moyen à la disposition de l’artiste. Dans le passé il a utilisé notre réaction instinctive aux travaux photo-réalistiques à son avantage, montrant qu’une peinture qui a l’air plus photographique a un pouvoir suggestif plus grand que celle qui ne l’a pas, simplement parce que nous sommes prédisposés de la prendre pour la réalité.
La réponse est que ces peintures photo apparaissent même plus réel qu’une photographie : elles sont hyper-réelles, des descriptions super-saturées du monde qui nous entoure, tel qu’on aimerait bien le voir. Les paysages de Helnwein nous offrent le monde tel qu’on le voit devant notre œil intérieur, nos mémoires.
Ce qui est certain c’est qu’avec ces travaux, Helnwein a levé la barre pour de futurs artistes avec un art qui est révolutionnaire en termes d’échelle, d’habileté et de vision. Peintures de montagnes, champs et du ciel ne pourront plus jamais être le même.

Gottfried Helnwein — Irish and Other Landscapes is at Crawford Municipal Art Gallery, Cork, until September 4
Helnwein working on "Irish landscape" (Tullamaine)
2004
(excerpt)




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